Bonjour et Kenavo !

À présent et malgré moi, je vais devoir te quitter !

Une vraie séparation après toutes ces années vécues ensemble…

Devrais-je te laisser avec la douleur profonde d’une rupture amoureuse ?

Tu m’as accueilli après toutes ces années à traîner un peu partout, entre deux avions, entre deux destinations, entre deux déménagements, avec deux passeports pour faire encore plus vite, parce qu’il n’y avait pas de temps pour laisser le temps passer à son tempo…

En pays breton, je me suis retrouvé, en presqu’île guérandaise, moi l’îlien du tropique de Cancer, vivre là où il n’y a plus de terres émergées, lorsque l’on regarde vers l’ouest, ce qui me convenait parfaitement d’être entouré d’eau…presque partout, sauf le petit et étriqué bras de terre occupé par les marais salants …

Un dépaysement qui ne l’était pas parce que la musique de la mer je la connaissais fort bien depuis toujours et les lointaines tétées maternelles !

Et la mer est son et lumière permanent, avec ses bruits et des couleurs…

Ses teintes ne sont jamais les mêmes, même entre deux instants très rapprochés l’un de l’autre…

Les marées, les vagues et l’écume ;  le vent, et les coups de tabac, plus beaux avec les marées d’équinoxe, ou bien lorsque l’avis de tempête est annoncé ; l’iode et le sel de la mer, que l’on cueille, sel  de la vie aussi ; les bateaux, et leurs  coups de sirène ; les ramasseurs de coquillages ; les fumées des cheminées des bateaux ; le tintamarre des drisses, et les drapeaux coloriés  flottant au vent, pour habiller les embarcations ; coquillages et crustacés, sable fin et pâtés de seau et pelle ; reflets du soleil, aurores et crépuscules au bord de la mer ; marins et pêcheurs, séparés ou ensemble ; binious, cornemuses et guimbardes  du bagad; couchers de soleil, où le grand cercle rouge, disparaît brutalement derrière la ligne d’horizon, pour un jour de plus ou de moins, selon le comptage que l’on fait ; rochers de la mer, bigorneaux, crabes et moules généreusement offertes à  profusion…et tous ces bonheurs simples que tu m’as donné …

Un passé qui sera bientôt passé de date !

Une vie autour du Traict, mes Regards et toutes les Images qui en résultèrent…

Le chemin de la Côte Sauvage, qui se prolonge sur au moins quatre-vingts hectomètres pour ceinturer la presqu’île, au-delà du sentier côtier, ou chemin des douaniers ou brigands, mais sera peut-être un jour à nouveau une île, c’est-à-dire, un retour de l’histoire …

A présent, un autre chemin, s’ouvre devant moi avec toujours les mêmes Regards mais avec d’autres Images d’un autre terroir davantage terrien et loin des barrières maritimes…et des parfums iodés.

 

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