Mon dimanche de corsaire(s)

J’eusse tant aimé être ce dernier week-end au milieu des rochers de la Côte Sauvage bretonne pour recevoir en plein sur la figure les paquets d’embruns que les rafales de vent auraient portées sur moi, plus qu’un bol d’air pour effacer les tracasseries subies durant la semaine et recharger la mule pour d’autres aventures heureuses !

Ce fut autrement la mer mais avec des corsaires en deux versions très différentes…

Enfin la mer restait tout de même – et je le reconnais volontiers – comme le sujet central …Quoique…

Toujours compliqué de faire comme on voudrait !

Remémorer, la citation de Duguesclin, très propice vu les circonstances, en face du premier Lord de l’Amirauté qui lui faisait remarquer que les marins britanniques se battaient non pas pour l’argent comme les pirates mais pour l’honneur ! « Sire chacun se bat pour ce qui lui manque le plus » rétorqua le plus célèbre des corsaires malouins ! 

C’est la mer, qui me manquait le plus, ce qui m’aurait beaucoup plu, ce dernier week-end, d’un mois d’octobre qui commence à tirer sa révérence et qui perd toutes ses feuilles – une calvitie saisonnière – pour laisser place aux tristesses récurrentes  de novembre … et dans mon cœur aussi, et changer d’heure pour perturber mes rythmes biologiques.

Et j’ai eu la mer, ou plutôt les étendues d’eau douce et des marins (pêcheurs) comme là-bas et surtout plein de corsaires ! Le samedi et le dimanche …

Mes marins (pêcheurs) du samedi furent ceux du Lac de St Cyr, pour le spectacle des libellules aquatiques – pas des naïades trois fois hélas – mais les pêcheurs virils en « float-tube », un spectacle gratuit et très colorisé par les touches des pinceaux des arbres, les reflets dans l’eau qu’un soleil irrégulier et capricieux provoque, ainsi que  les couleurs d’automne autour des eaux douces, au propre et au figuré, à peine fouettées par les brises d’un vent très terrien, au-dessus, de l’étendue d’eau qui portait ces bizarres engins …

Ah ! le dimanche ce furent d’autres corsaires qui se battaient, non pas pour l’honneur ni encore moins pour des richesses mais tout simplement pour l’amour …Encore plus fort que les marins de Sa Majesté ou bien ceux de Duguesclin, le malouin, à vouloir faire en sorte que l’amour de Médora (la belle esclave) et Conrad  (le corsaire intrépide) – d’après le poème de ce Lord Byron que j’ai beaucoup aimé adolescent –  puisse s’éclater au plein jour dans un ballet (1) «Le Corsaire» – avec des tutus, pas de chat au pluriel, et des gracieuses ballerines sur les planches avec un fond sonore théâtral – pour exfiltrer d’une bonne fois pour toutes  « Médora, la belle amoureuse » des griffes de l’envieux  Pacha !

Un week-end comme un conte rêvé !

(1) Conrad, pirate grec, écume la mer Méditerranée. Craint et respecté par ses hommes, son caractère farouche et impassible cache un amour profond pour Médora, qui elle aussi est très éprise

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