Camille Pagé : oublié !

Camille Pagé mourait il y a cent ans : c’était le 22 juillet 1917 

Ah bon !

Un silence de coutellerie, qui demeure un patrimoine local au regard de l’histoire du Pays Châtelleraudais, des hommes et des femmes des manufactures du Clain…

Aujourd’hui un anniversaire – un centenaire oublié –  mais avant tout plus qu’une référence historique …Une date anniversaire qui aurait mérité le Souvenir adéquat …

Mais qui est passé sous silence à Naintré, dont il fut maire, à Châtellerault et dans le Pays Châtelleraudais !

Des rues, une salle portent son nom !

Un oubli incompréhensible pour une disparition centenaire …

Aucune commémoration, festivité, conférence, exposition, etc…

Rien absolument un silence de coutellerie !

Et sans crainte aucune dire : que dalle !

Que les élus, politiques, acteurs du tourisme ou du patrimoine ont passé sous silence…reste incompréhensible.

L’opportunité de reprendre quelques lignes d’un texte que Bernard Rimbeau, ancien maire de Naintré, m’avait prêté aux fins de promouvoir l’histoire de la coutellerie.

Avec les maîtres de la coutellerie qui étaient 120 en 1738, puis 202 en 1772, et 300 au moment de la Révolution !

C’était l’origine de cette épopée de la coutellerie …avant la période des « Pagé »

Qui descendaient d’une lignée de couteliers, Louis Huau, garde du métier en 1726…et Pagé ‘Gallois’ fabriquait autour des années 1800 des couteaux fermants de manière artisanale.

L’industrialisation vint avec la force motrice du Clain.

Les Pagé s’installèrent tout d’abord au moulin de Mollé dans la commune de Naintré, près de Cenon sur Vienne, mais la force motrice étant trop faible, ils préférèrent en 1865, le site de  Domine, après avoir acheté le moulin et l’écluse …et la période Pagé démarra !

Les Frères Pagé,  Georges, Gaston, et Jules créèrent de toutes pièces la marque « Pagé Frères », sans oublier Camille Pagé (1844-1917), le plus célèbre…Les affaires progressèrent allègrement !

L’usine de Domine, couvrait 3.000 m² comprenait 3 roues hydrauliques pour assurer la force motrice des marteaux pilons pour forger les lames des couteaux et rasoirs et des nombreuses autres machines qui y avaient été installées.

Au cours de la période 1865-1931, deux cents ouvriers, contremaîtres, apprentis et dirigeants fabriquaient les pièces de la coutellerie de cuisine, pour la table, des bouchers et les pièces de luxe !

« Premier employeur » de la ville comme on dirait maintenant !

Chaque jour, la coutellerie « Pagé Frères » produisait 220 douzaines de couteaux de table et de cuisine ainsi que 12 douzaines de rasoirs !

Faites les comptes…pendant toutes ces années d’activité …

Après l’ascension, la chute et la disparition !

Les « nouveaux matériaux » de malheur bakélite, galalithe et surtout la découverte en 1913 de l’acier inoxydable, vont accélérer le déclin de la coutellerie « Pagé Frères ». La coutellerie de luxe à base de nacre, d’ivoire de bois précieux n’avait plus la clientèle riche et nombreuse, de plus les lames en acier trempé qui se couvrent de rouille au contact de l’eau ne vont plus se vendre, et par conséquent, la coutellerie fermera en 1931 après avoir été au premier rang pendant un siècle.

Moulin de Domine

 

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